SWIMRUN INSIDE sur la Côte d’Azur

Ce n’est pas le tout de parler du Swimrun, de rencontrer les plus grands spécialistes de la discipline et de se déplacer à Stockholm aux racines de ce nouveau sport pour comprendre l’engouement autour du Swimrun. Pour bien connaître un sport, il faut le vivre de l’intérieur.

Stimulé par l’envie de mon ami Jean-Laurent de goûter à ce nouveau sport nous étions deux à viser la date du 29 octobre 2017 avec pour objectif de plonger pour la première fois dans le bain du Swimrun. Jean-Laurent Gardarein est un habitué des combinaisons de nage car sa discipline de prédilection est la chasse sous-marine (Team MARES), champion de France 2013 en binôme (déjà), il peut passer 5 à 6 heures dans l’eau à l’entrainement ou en compétition. Certes les palmes en carbone vont lui manquer mais il a le souffle, le mental d'un compétiteur. Nous voici donc inscrits sur la liste des binômes pour la deuxième édition du Swimrun Côte d’Azur.

De mon côté, la préparation physique avait été rythmée par plusieurs triathlons et marathons durant le printemps et l’été et j’arrivais certes en fin de saison mais pensant avoir assez de réserves pour surmonter cette ultime course du calendrier. Jean-Laurent sportif pluri-disciplinaire s’était entraîné à la course à pied entre deux compétitions de chasse sous-marine. Nous n’avions pas trouvé de date pour nous entrainer en commun et avions accepté l’idée de former le binôme le jour de l’épreuve. Plusieurs équipes ce jour-là se découvraient également.

Du point de vue matériel, nous avions anticipé une température fraiche en cette fin du mois d’Octobre en choisissant nos combis chez HEAD mais nos prévisions furent déjouées par un été indien qui n’en finissait pas sur la côte méditerranéenne. Nous étions parmi les seuls en combi longues manches et longues jambes le jour de la course. Malgré tout, la glisse de ces combis HEAD  s'est avérée excellente et le confort en course appréciable.

 

Arrivés la veille de la course à Beaulieu, nous profitions du changement d’heure pour faire une petite grasse matinée avant d’enfiler les combis. La veille lors du retrait des dossards nous avons pu gouter à l’ambiance chaleureuse et décontractée proposée par l’organisation sous l’impulsion du directeur de course Grégory Petitjean toujours aux petits soins pour ses athlètes. C’est lui-même qui remettra les packs dossards à chaque concurrent. La rencontre de plusieurs lecteurs sur le stand RESPIREZ et les échanges positifs autour du magazine finissaient de nous mettre de bonne humeur.

Le dimanche matin à la fraiche ou presque, il faisait déjà chaud à 8 h 30, nous assistions au briefing d’avant course avec un rappel des règles de ce nouveau sport. 8 h 45 nous voilà partis pour 26 km dont 5 km de nage en 11 sections.

Un petit tour du port en peloton nous met en jambe en faisant déjà monter la température et la première mise à l’eau vient à point pour nous rafraichir. On essaye de rester grouper entre binômes. L’enchainement des sections course et natation est une découverte et la principale caractéristique de ce sport. Il faut sans cesse relancer sans pouvoir réellement s’installer dans un rythme trop longtemps.

Le parcours proposé longe la côte. On débute par les ports de plaisance de Beaulieu et du Cap Ferrat et nous voilà vite sur les chemins du tour du Cap parsemés d’escaliers en pierres et de singles serpentant le long de la côte. La vue est splendide. Les mises à l’eau se font sur les petites plages et criques du Cap ou encore depuis les rochers ou des pontons ce qui donne lieu à différentes figures de style de mise à l’eau. Essayez de sauter avec le pull buoy entre les jambes et les mains écartées avec plaquettes de nage permettant d’amortir l’arrivée dans l’eau.

La chaleur est présente lors des sections de course et le port de la chasuble qui matérialise le dossard ne permet pas facilement de descendre le haut de la combi. On court combi ouverte sur le devant mais cela reste insuffisant pour se rafraichir.

Le retour dans la baie de Villefranche permet de nager dans une mer d’huile, alors qu’au même moment le mistral souffle à 110 km/h à Marseille, le vent est inexistant à Villefranche.  On passe devant des villas plus impressionnantes les unes que les autres et le défilé d’hommes et femmes grenouilles tranche avec le standing des parcs, jardins et portails dorés. Un vent de fraicheur et de sport nature parcourt cette côte ou tout est bien à sa place.

Le parcours nous amène ensuite autour de la citadelle de Villefranche que je découvre pour la première fois. Un bel escalier nous monte sur les hauteurs pour nous permettre d’apercevoir le chemin du retour qui se fait par les plages de Villefranche, les vieilles ruelles ou nous croisons de nombreux touristes. Les deux dernières sections de natation nous paraissent un peu plus longues que prévu (on avait hâte d’arriver) mais elles permettent d’admirer les magnifiques villas les pieds dans l’eau sur le rivage de Beaulieu.

Côté rythme, je paie mon manque d’entrainement en natation (je n’ai jamais nagé 5 km cette année). Jean-Laurent avait décidé de partir léger sans plaquette ni pull buoy malgré ça il m’attend lors des sections de nage. Nous doublons pas mal de binômes en course mais ils nous reprennent en natation.

Après une dernière boucle sur le port de Beaulieu, l’arche d’arrivée s’offre à nous et nous sommes ravis de franchir la ligne en ayant pris du plaisir.

Plaisir des yeux parce que le parcours est fabuleux. Il allie nature, architecture et villégiature.

Plaisir d’avoir partagé ce moment en binôme. C’était la première fois que nous faisions une épreuve ensemble avec Jean-Laurent et j’ai pu apprécier sa patience durant la course.

Plaisir enfin de découvrir de nouvelles sensations. Le swimrun est un sport spécifique et exigeant. L’alternance des sections de course et de nage amène à devoir changer de rythme très souvent sans pouvoir s’installer dans un effort long à l’inverse du triathlon par exemple.

Enfin la gestion thermique est essentielle et même si j’étais avec un très grand spécialiste de la question (Jean-Laurent enseigne la Thermique aux élèves ingénieurs de Polytech Marseille), c’est ce qui m’a le plus handicapé. Nous étions partis dans l’idée de lutter contre le froid en cette fin octobre lorsqu’on s’est inscrit mais la chaleur a été la principale difficulté à gérer. J’ai appris par Jean-Christophe Bastiani, spécialiste français du Swimrun, que même les suédois coupent le plus souvent le bas de leur combi même quand l’eau est à 10°C pour avoir une foulée plus facile. J’ai retiré mon bonnet de nombreuses fois pour me rafraichir.

L’équilibre running/swimming est parfait sur cette épreuve. Le temps de course est réparti environ à 50/50 entre les deux disciplines. Et si mon GPS marque 28,5 km au lieu des 26 km annoncés, c’est certainement que je n’ai pas réussi à nager totalement droit où que j’ai fait quelques détours dans les vieilles ruelles de Villefranche.

Au final, un baptême de Swimrun réussi tant sportivement qu’humainement. Une expérience à vivre pour apprivoiser ce nouveau sport qui, j’en suis certain, va se développer fortement en France.

Bravo aux vainqueurs de chaque catégorie et à tous ceux qui ont gagné en estime d’eux-mêmes. Bravo aux derniers finishers qui ont eu droit à une haie d'honneur. C'est tout à fait dans l'esprit Swimrun.

Merci à Jean-Laurent, mon binôme, de m’avoir accompagné dans cette aventure. Promis je vais m’entrainer côté natation. Merci à l’organisation pour cette magnifique épreuve qui donne à cette belle côte d’azur un souffle de fraicheur, de dynamisme et d’enthousiasme.

Merci enfin à l’équipe de reportage mobilisée pour l’occasion pour le magazine RESPIREZ et notamment le pointu de Véronique, les conseils avisés d’Isabelle spécialiste de la baie de Villefranche et de Beaulieu et les belles photos de Malaury (mon épouse) à l’œil toujours très affuté.

Vive le Swimrun sport Nature par excellence et vive les courses en binôme. La passion comme les émotions, ça se partage.

3 pensées sur “SWIMRUN INSIDE sur la Côte d’Azur

  • novembre 3, 2017 à 5:32
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    1iere expérience partagée, sur le S pour nous, avec autant de plaisir que vous l’ecrivez, bravo et merci.
    Ce que nous retenons le plus c’est bien le fait de le faire à 2, l’effort partagé donne encore plus de plaisir! C’est certains, ce sport va se démocratiser…

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  • novembre 8, 2017 à 7:17
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    Salut,
    Pour ta montre, c’est peut être que tu l’as laissé en mode course à pied. Dans ce cas la montre ne calcule pas correctement la nage.
    Il faut que tu crées un mode multisport et changer de mode à chaque transition.
    Belle course..!

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    • novembre 8, 2017 à 7:59
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      Bonjour Olivier. Tu pourrait m’expliquer avec un petit texte comment on fait ça sur une montre garmin et je ferai un article dans le prochain mag car je pense que pas mal de swimrunnners n’ont pas eu ce réflexe. On connait le mode Triathlon mais pas forcément le mode Multisport. Merci d’avance (mon Email : redaction@respirezsports.com). Sans obligation bien entendu.

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