Nouveau Format de Trail – Les Challenges Horaires

Alors que le retour de Kilian Jornet en 2022 sur l’Ultra Trail du Mont Blanc a fait le buzz dans le monde de
la course nature, de nouvelles formes de compétitions comme les Challenges Horaires trouvent leur place dans le paysage du trail français et européen. Quel intérêt peut-on trouver à ces épreuves où il s’agit de lutter contre le chronomètre pour accéder au tour suivant ?

De belles idées peuvent naître de la privation et de la frustration, comme celles vécues lors des confinements liés à la pandémie. On a d’abord eu la résurgence des OFF, une fois la liberté de circuler rétablie. En marge de ceux-ci, on a vu émerger les challenges en distanciel qui ont permis des confrontations épiques en tous lieux. Des passionnés belges ont par exemple créé deux nouveaux types d’épreuves : «Les Maîtres du temps» pour les adultes, et «Les Princes du temps» pour les plus jeunes.

Le principe est simple : parcourir une boucle de 4km avec départ toutes les 30 minutes. Le temps imparti pour accomplir la boucle baisse d’une minute à chaque fois. Donc les coureurs disposent de 30 minutes, puis 29, 28... jusqu’à l’impossibilité de rentrer dans les chronos.

En Suisse, à Neuchâtel et à Martigny, «le Dernier survivant» propose lui une confrontation bien physique, avec une boucle de 4 km et 300 m D+ à accomplir toutes les 30 minutes, et cela pendant 12 heures, souvent du lever au coucher du soleil. Les slogans de la course sont évocateurs : «la question n’est pas de savoir si vous allez abandonner mais quand...» ou encore «Le dernier sera le premier».

Bref, les coureurs deviennent les héros d’un péplum bien orchestré. L’organisation suisse a misé sur la difficulté, car il n’est pas aisé de réaliser cette boucle à fort dénivelé dans le temps imparti de 30 minutes. Même pour les meilleurs dont l’objectif est de rester le plus longtemps en aisance, le temps de récupération est court avant chaque nouveau départ. Dans la version originale de la forêt de Chaumont à Neuchâtel, un finisher totaliserait 80 km et 9264m de dénivelé positif en 12h, entre le lever et le coucher du soleil, cette version se tenant lors de l’équinoxe. Si on multiplie par deux ces données, cela nous donne près de 18 500 m D+ pour un format 100 miles ! C’est presque le double du dénivelé d’un tour du Mont Blanc ! Ce type d’épreuves exige donc des qualités de grimpeur mais aussi de descendeur !

“Les coureurs deviennent les héros d’un péplum bien orchestré.... ”

Dans la lignée du «Dernier survivant», «Le dernier homme debout» propose un concept nouveau, avec 6 lieux et 6 dates en France et en Belgique. Si le concept est le même qu’en Suisse, les paramètres changent. Sur chaque site, la distance est comprise entre 7 et 8 km, et le dénivelé entre 250 et 300 m D+/D-. Le temps maximum autorisé pour une boucle est de 60 minutes et tout coureur n’ayant pas franchi la ligne après 60 minutes est éliminé. Contrairement au dernier survivant pour lequel la barrière horaire est très contraignante, l’intensité requise pour le Dernier Homme Debout est raisonnable, mais il faut tenir le plus longtemps possible, jusqu’à la limite de 24 heures. Est déclaré vainqueur le coureur qui termine une dernière boucle seul (en moins de 60 minutes). Si plusieurs athlètes sont au départ de la 24ème boucle, le plus rapide gagne l’épreuve.

S’attaquer à ce nouveau genre de course, c’est aussi établir une stratégie de course pour espérer tenir le plus longtemps possible, et s’adapter à ce type d’effort. Celui ou celle qui se contente de faire la boucle en 60 minutes devra courir en continu, ce qui n’est pas souhaitable. A l’opposé, l’athlète rapide aura un temps plus long de récupération. Mais ce coureur risque de générer de la fatigue musculaire et centrale qui nuira au résultat final. Ainsi, chacun doit trouver le bon compromis entre intensité et temps de récupération. Pour les ultra-traileurs aguerris, ayant l’habitude d’un effort en continu pendant de longues heures, entre chaque point de ravitaillement, il n’est pas si aisé que cela de devoir s’arrêter de quelques minutes à un quart d’heure toutes les heures !

Sur certaines épreuves, on remarque que celui qui va le plus loin a su se contenter de boucles courues facilement en 55 minutes. Le temps de récupération est faible mais l’effort est continu et d’intensité modérée. Ce sont des paramètres à considérer et à tester ! Autre différence : le classement de chaque boucle n’a aucune incidence sur le résultat final. Seul le nombre de boucles sera discriminant. Cet aspect du règlement est très intéressant pour réfléchir à sa stratégie de course en ultra-trail : faire le deuil du classement intermédiaire pour se concentrer sur la performance finale !

Si l’aventure vous tente cette année, une dernière édition du Dernier Homme Debout aura lieu en Maurienne fin octobre, alors à vous de jouer !

Plus d'info sur :   maurienne.ledernierhommedebout.run

Photos : Sooochh et Bernard Python

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