Coaching à distance Lequel choisir ?

Les services de coaching en ligne se multiplient sur la toile. Comment déceler le « bon grain » de « l’ivraie » ? Eléments de réponse avec Michael Lecuivre, l’un de ces coachs en ligne (www.fit-tri.com).

entrainements

Le coaching à distance s’est développé ces dernières années : quels en sont ses avantages selon toi par rapport à un encadrement club/asso ?

L’encadrement en club est de plus en plus structuré, et ce grâce au formidable travail des fédérations qui donnent les moyens aux personnes motivées pour se former. Cependant, l’ADN d’un encadrement en club est d’essayer de faire «pour  s’adapter au plus grand nombre». Or, les objectifs de chaque sportif  « initié », se connaissant déjà un minimum et après quelques saisons en club par exemple, sont de plus en plus individualisés. Cela devient donc une évidence que les athlètes se tournent vers du coaching à distance, afin de trouver une personne planifiant l’entraînement en vue d’un seul objectif, et pas d’un objectif club.

Dans la « jungle » des structures de coaching à distance, comment « détecter » la bonne structure ?

Par définition, tenter de rentrer en contact avec le potentiel coach, pour un premier échange, téléphonique si possible. Cela vous permettra déjà de voir si le feeling passe et surtout, surtout, si le coach en question est plus enclin à vous parler de ses expériences que de parler de vous… Après tout, c’est vous (l’athlète) le centre d’intérêt
principal de votre coach, pas lui-même..
Ensuite, il doit être disponible, mais dans des conditions raisonnables (comprenez qu’il ne vous réponde pas le Dimanche matin à 6h30
par exemple…). Vous ne serez sûrement pas
le seul athlète dont il doit s’occuper.
Pour aborder sa «méthodologie», le coach doit pouvoir vous parler de sa méthode, avec des mots simples certes, mais il doit aussi être capable de vous expliquer un minimum son objectif en rapport avec la physiologie. Il se doit aussi d’individualiser au maximum ce qu’il vous proposera. Etre capable d’analyser une séance que vous avez réalisée, et réadapter le contenu de son programme en fonction de ce qu’il aura vu, voila ce qui définit pour moi un bon
coach, ce n’est pas une coach qui vous livre
uniquement des «photocopies».
Enfin, et c’est ce qui peut vous donner un indice sur sa disponibilité, c’est son nombre d’athlètes entrainés. S’il vous répond fièrement qu’il en a 120 ou plus, félicitez le…et partez en courant !  Chacun a son rythme et sa capacité, mais un entraineur qui se dit professionnel et qui fait parfaitement son travail se doit d’être disponible POUR VOUS, cela signifie donc un nombre d’athlètes assez restreint…

Qui dit « distance » dit « éloignement du coach » ? Comment encadrer au mieux « l’élève » dans ces conditions ?

Les nouvelles technologies sont idéales pour «rapprocher» le binôme athlète/coach. En effet, avec Skype entre autres, garder le contact est plus simple. De même, un bon appareil photo sur un téléphone, ou des cameras style «Go Pro», permettent aux athlètes de se faire filmer, et de donner des axes de travail pour faire évoluer la technique, que ce soit en course à pied ou en natation. En vélo, souvent, cela passe par une analyse de la position, et pour cela, des photos et/ou une vidéo très courtes sont nécessaires et souvent suffisantes pour des progrès significatifs.
Le contact régulier, par mail ou par téléphone, fera le reste ! Et pour l’émulation de groupe, en local, il y a souvent des groupes qui se forment, que ce soit en vélo ou en course à pied. Libre à chacun de prendre part à ces séances collectives, en le mentionnant à son entraineur, qui, du coup, ne «guidera» plus la séance, mais l’analysera et l’intégrera dans le programme…

L’émulation de groupe est souvent source de motivation à l’entrainement. Comment pallier à ce manque quand on a un coach à distance ?

On dit souvent que la force est dans le groupe, c’est vrai. Cela dépend aussi des individus, car certains sont de vrais «force de la Nature» de ce côté là ! S’entrainer seul demande une motivation à toute épreuve, et nous ne sommes pas tous égaux de ce côté là. Mais c’est vrai que lors de séances d’intensité, ou lors des sorties longues, en s’entrainant seul, il est plus «facile» de baisser les bras et de ralentir ou de diminuer la séance. En groupe, on ne se cache plus et on va souvent plus loin que seul…
C’est pour cela que garder un oeil sur l’entraînement de ses athlètes est impératif: contrôler qu’une séance longue a été réalisée pleinement, et motiver l’athlète avant et après cette séance, voila des attitudes qui permettront à la motivation d’être à son maximum plus longtemps.
Bien sûr, les stages sont des moments privilégiés où les athlètes peuvent se consacrer à leur passion à 100%, et ne penser qu’à «s’entrainer/manger/dormir». Ce sont des périodes où l’échange est plus facile aussi, puisqu’on partage les journées presque entièrement. Cela permet aussi d’approfondir le lien entre les athlètes et les coachs.
C’est d’ailleurs dans ce but que je propose des journées ou des week ends pour faire les reconnaissances sur certaines courses majeures du calendrier, et des stages en pré-saison, pour optimiser volume et intensité…

 

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